Parce que sans alliance, il n’y a pas de véritable travail thérapeutique.
- Evana Clinique

- 8 juin
- 2 min de lecture
Il y a souvent un moment, juste avant de commencer des recherches pour un suivi, où l’on se demande :
« Est‑ce que je vais être à l’aise avec ce ou cette professionnel·le ? Est‑ce que je vais réussir à m’ouvrir ? Est‑ce que ça peut être un bon match ? »
Ces questions ne sont ni banales ni superficielles. Elles sont légitimes et essentielles.
Parce qu’entamer une démarche en sexologie ou en relation d’aide, c’est investir du temps, de l’énergie et de l’argent. On souhaite que ça fonctionne. On veut se sentir accompagné·e, soutenu·e, compris·e. Et pour que ce travail soit possible, il faut pouvoir se sentir en confiance avec la personne qui nous accompagne.
L’alliance thérapeutique, c’est quoi ?
C’est la base de la relation, c’est le lien de confiance qui se construit entre vous et votre professionnel·le. C’est ce lien humain, sécurisant et authentique qui permet d’avancer, de s’ouvrir, d’explorer et de cheminer. C’est ce sentiment intérieur qui vous dit :
« Ici, je peux être moi. Ici, je peux tout dire, je ne serai pas jugé·e. »
L’alliance thérapeutique se crée à travers :
Un espace sans jugement où vous pouvez parler de votre situation actuelle, de votre histoire, de vos émotions, de vos sentiments, de vos doutes et de vos peurs.
Une écoute réelle et active, où le·la professionnel·le accueille vos ressentis, vos pensées et vos émotions avec présence et sensibilité.
Un sentiment de sécurité, qui vous permet de vous montrer vulnérable.
L’alliance thérapeutique, c’est aussi accepter que votre professionnel·le puisse vous confronter, vous poser des questions difficiles, vous amener à voir la situation sous un autre angle ou à faire face à ce que vous évitiez. Ce n’est pas toujours confortable, mais c’est souvent là que quelque chose commence à bouger.
Les recherches montrent que l’alliance thérapeutique est l’un des meilleurs prédicteurs de réussite d’un suivi, parfois même plus que les interventions utilisées.
L’Ordre des psychologues du Québec le rappelle clairement dans son article Psychothérapie et évolution de l’alliance thérapeutique après un changement de thérapeute : la qualité de l’alliance influence directement l’engagement, la continuité et les résultats du suivi, même lorsqu’un changement de thérapeute survient. En d’autres mots, une bonne alliance favorise l’implication, la motivation et l’exploration.
Dans les faits, on le voit souvent : plusieurs personnes commencent un suivi, puis l’arrêtent rapidement, parfois avant même d’aborder le vrai motif de consultation. Une relation thérapeutique solide diminue ce risque, parce qu’elle aide à rester engagé·e, même quand le processus devient plus exigeant ou inconfortable.
L’alliance thérapeutique ne repose pas seulement sur ce que le·la professionnel·le fait, mais sur qui il·elle est dans la relation. Son savoir‑être, son authenticité, sa sensibilité aux besoins du·de la client·e, son respect du rythme et sa capacité à créer un climat de confiance et de sécurité, constituent un pilier essentiel de la qualité du lien. (Saxler et al.,2024)



