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S’arrêter pour mieux avancer

S’arrêter. Comment s’arrêter, et surtout, pourquoi le faire, dans une société qui file à toute vitesse ? On le sait, aujourd’hui, on doit performer, répondre à la demande, dire « oui » à tout, répondre aux courriels de notre employeur à toute heure du jour… et du soir. On doit s’occuper des enfants, rester en forme, bien s’alimenter, se coucher tôt, mais aussi préparer notre journée du lendemain, même s’il est tard. Comment faire dans une société de plus en plus axée sur le rendement, l’efficacité et la performance ? C’est irritant. Parce qu’à l’inverse, on nous dit de prendre soin de nous, de penser à nous, de mettre des limites, d’arriver à s’arrêter pour se prioriser.

Et ça peut être frustrant. Parce que parfois, on n’est tout simplement pas capable de s’arrêter. Ou on n’y arrive pas. Et ça peut devenir angoissant, stressant, de s’arrêter et de se questionner : Comment je vais ? Qu’est-ce que je peux faire pour aller mieux ? Comment mettre des limites ? Comment me prioriser ?

D’où l’importance d’intégrer, dans nos habitudes de vie et notre façon de penser, l’idée que s’arrêter est essentiel. S’arrêter, c’est offrir à notre corps une pause : un moment pour se détendre, récupérer et se reposer. C’est un besoin fondamental, essentiel à notre équilibre et à notre bien-être.

Quand on ne s’arrête pas, tous nos systèmes fonctionnent 24 h sur 24 à grande intensité. C’est comme si on appuyait sur la pédale de notre véhicule à 240 km/h, sans jamais ralentir, sans s’arrêter pour remettre de l’essence… mais à un moment donné, il n’y aura plus de gaz. Et le véhicule va finir par lâcher. C’est un peu ce qui se produit dans notre corps.

Quand on fonctionne sur l’adrénaline, le corps mobilise toute son énergie pour nous permettre de tenir. Le système nerveux sympathique prend le dessus, et ce que ça fait, c’est qu’il déséquilibre l’organisme, qui se met en mode action, comme si un danger nous guettait constamment. Résultat : accélération cardiaque et respiratoire, transpiration accrue, ralentissement des fonctions internes… Tout se concentre sur l’activation du système cardiovasculaire, respiratoire, etc.¹ 

Quand on est constamment à la course, parce qu’on doit partir en courant ou affronter les défis du quotidien, le stress s’active. Le cortisol, l’hormone du stress, augmente, et on est prêt à se battre ou à fuir.

Et surprise : la fatigue mentale et physique s’installe. On ressent des symptômes physiques. On est moins concentré. La contraction des vaisseaux sanguins situés dans l’estomac et l’intestin entraîne un ralentissement du processus digestif. Le système reproducteur, la fonction sexuelle, ralentissent… voire s’arrêtent. Ce n’est pas le moment de penser au sexe, non.

C’est là qu’il devient important de se questionner sur l’importance de s’arrêter. Parce qu’être constamment dans un état de stress, ce n’est pas bon pour le corps. Il tombe dans un stress chronique, qui peut mener à l’épuisement.

En se donnant le droit d’arrêter, on active le système nerveux parasympathique. On détend, on ralentit le système. Et ça a un impact direct sur notre disponibilité mentale et émotionnelle, notre fonction sexuelle, notre niveau d’énergie.

S’arrêter, c’est se prioriser. C’est se recentrer. C’est se concentrer sur ce qui va… ou ne va pas. C’est se questionner sur sa santé. Faire l’état de notre nous, de notre soi. Se repositionner. Recharger nos batteries.

Et toi, qu’est-ce qui te permet de relaxer ? De te connecter à toi-même ? De te reconnecter à ton essentiel, de replacer tes idées, te rafraîchir, te ressourcer, te réénergiser ? Que ce soit une marche dans la nature, courir, pratiquer le yoga, chanter, danser… Prends-tu parfois le temps de t’arrêter ?

¹ Lupien, S. (2020). Par amour du stress (2e éd.). Montréal : Éditions Va Savoir, 330 p.

Evana

CLINIQUE MULTIDISCIPLINAIRE

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